Pollution-Solutions

Sur le site de l’Iméra, on peut retrouver le séminaire dans son contexte, au sein des autres axes de l’institut.

Sur cette page, chaque titre de séminaire est lié à la vidéo de son enregistrement. Un texte de synthèse pour l’activité de l’année est en court d’élaboration.

Inscrit dans le programme « Développement durable », le séminaire interdisciplinaire art-science « Pollution(s) et solution(s) » est coordonné par Juliette Rouchier. Deux chercheurs marseillais, Christelle Rabier (historienne ; EHESS/Centre Norbert Elias) et Yves Noack (géochimiste ; CNRS, CEREGE ; dir. de l’OHM-BMP), étaient présents comme grands témoins, durant les cinq séminaires, pour les commenter et les mettre en relation.   

Le séminaire se veut un espace de confrontation entre plusieurs points de vue autour de la thématique de la pollution de notre environnement, avec une attention toute particulière à la pollution industrielle.

Il repose sur des interventions de sciences positives et de sciences critiques, dont les approches et les résultats seront remis dans le contexte social et politique d’utilisation du savoir produit.

Des artistes eux aussi sont sollicités pour réagir aux propositions des chercheurs, afin de porter un regard sur les thèmes présentés, qu’il soit complémentaire ou radicalement alternatif, afin de réinscrire l’idée de développement durable dans une pensée créative, force de proposition.

Le séminaire a pour objectif une compréhension des enjeux les plus contemporains des questions de pollution, dans une perspective multi-dimensionnelle.

Programme détaillé

Mardi 24 janvier 2017, 14h-16h30 à l’IMéRA :

SOL – Mesures, « Sur la piste des sols pollués des Calanques, Regards croisés d’une écologue et d’une artiste » (cliquer pour voir la vidéo)

« L’inventaire des sites potentiellement pollués » (F. Ogé) laisse à penser que le territoire français est mité de zones à fortes teneurs en produits toxiques, qui ne sont pas toutes prises en charge comme elles le pourraient ou devraient. Comment détecter les sols dangereux, et que pouvons-nous faire pour que l’humain puisse se les réapproprier ?

  • Isabelle Laffont-Schwob – écotoxicologie et bioremédiation (IMBE/AMU-CNRS, Marseille) – Publication de référence : Les Calanques industrielles et leur pollution (2016)
  • Julie Kmieckowiak, paysagiste-illustratrice.

 

Mardi 21 février 2017, 14h-16h30 à l’IMéRA :

Inégalités environnementales– Naturalisation (cliquer sur le lien pour visionner la vidéo) 

Une évolution récente des politiques publiques relatives au risque de pollution est un glissement de la responsabilité de l’Etat vers une responsabilité individuelle reposant sur des pratiques quotidiennes de protection. Cela correspond à un discours de naturalisation de la pollution, devenu « notre environnement », qui n’est plus contestable puisque étant, de fait, présent. Que peut-on penser des conséquences de cette approche ?

  • Tatiana Kasperski – sciences politiques, histoire des sciences (Centre for Baltic and East European Studies (CBEES) / Institute of Contemporary History, Université Södertörn, Suède) – Publication de référence : La politique de la mémoire d’une catastrophe nucléaire : les usages de l’accident de Tchernobyl en Biélorussie (1986-2008). Vivre “normalement” dans un environnement contaminé? Les politiques de gestion post-Tchernobyl en Biélorussie.
  • Franco Zecchin – photographe auteur, présentera son travail sur :  « La vie ordinaire dans le désastre écologique. Pollution et santé publique dans la région Katowice (Silésie-Pologne) ». Publications concernant la thématique abordée : 6 Foto Art Festival, 2015, Fundacja Centrum Fotografii, Bielsko-Biała ; Chraścina, M., Zecchin, F., 1993, Śląsk Jakiego Nie Chcemy Oglądać, Katowice, Centrum Studiów nad Człowiekiem i Środowiskiem Uniwersytetu Śląskiego http://picturetank.com/___/seriesV2/680b938a43e2bf4f0283c9013ae91d32/fr/a/a/0/ZEF_Silesia,_Poland.html

 

Mardi 28 mars 2017, 14h-16h30 à l’IMéRA : AIR – COUTS – vidéo 1 (évaluation économique) ; vidéo 2 (chorégraphie)

Depuis des dizaines d’années, des économistes améliorent leurs techniques pour estimer l’impact financier des pollutions sur les différents champs de notre quotidien, ceci en particulier du fait des problèmes de santé ou d’image. Comment pense-t-on cette question des coûts, et cela est-il vraiment pris en compte dans la pensée politique contemporaine ?

  • Olivier Chanel –  économiste (GREQAM-AMSE, Marseille) expliquera les enjeux techniques de l’évaluation de la pollution, ses travaux sur les 20 dernières années et leur impact : « Vingt ans d’évaluation économique des impacts sanitaires de la pollution de l’air en France » 
  • Barbara Sarreau – chorégraphe et danseuse – http://barbarasarreau.com

 

Jeudi 27 avril 2017, 14h-16h30 à l’IMéRA : Place de l’Etat face à l’industrie

On entend  

 

  • Myriam Merad : De la cohérence de la politique de prévention des risques liés à la pollution atmosphérique 

La France a conduit une politique ambitieuse de réduction des pollutions atmosphériques. Une étude longitudinale des controverses vient éclairer la lecture des défaillances en matière de prévention des risques environnent et santé-environnement et contribuera à suggérer des pistes d’amélioration des politiques publiques en la matière.

  • Albert Ogien Les sources troubles du sentiment d’impunité 

On a vu émerger ces dernières années un nouvel objet suscitant la mobilisation politique : les Grands Projets Inutiles Imposés. Pour s’y opposer, l’activisme a pris diverses formes : protestation, manifestations, occupations, désobéissance civile, mais aussi recours à l’arme du droit. En portant plainte contre les responsables de ces projets, des collectifs ont réussi à aire reconnaître en justice que ceux-ci avaient été décidés en infraction au cadre légal, français ou européen. Ce fût le cas pour les sites emblématiques de Sivens, Notre Dame des Landes, Roybon, le tunnel Lyon-Turin, Bure. Cette communication s’interrogera, à partir de ces exemples, sur ce qui conduit des responsables de pouvoirs publics à agir en violant la loi dont ils sont les garants (en s’intéressant en particulier à leur sentiment d’impunité).

Jeudi 23 juin, 9h30-16h à l’IMéRA : INDICIBLE – INVISIBLE (cliquer pour voir la vidéo)

Les pollutions (et les risques qui en découlent) posent souvent des problèmes de perception, d’objectivation, et de production de discours public – délicates à mesurer encore de nos jours, elles sont en sus intriquées dans des enjeux politiques généralement polarisants. Cette séance s’intéresse à la difficile mise en mot des perceptions des acteurs et au rôle que l’art peut jouer dans les processus de révélation et formulation de problèmes.

La séance est constituée de deux interventions de chercheurs ayant fait varié les modes d’expression et d’enquête, et de l’écoute d’une création sonore documentaire s’appuyant sur l’enquête sensible d’un territoire.

  • Eric Chauvier, Anthropologue, CRENAU, ENSA-Nantes (http://aau.archi.fr/equipe/chauvier-eric/ )

    Risques industriels et concertation citoyenne. Attentes, résistance (et dilution du problème?)

    En 2005, dans une période post-AZF, plusieurs dispositifs de concertation avaient été mis en place par le gouvernement au sujet des risques industriels. S’ils rencontraient des résistances, ils avaient cependant le mérite d’exister. Qu’en reste-il aujourd’hui?

 

  • Pierre Fournier, Sociologue, LAMES, Aix Marseille université-CNRS (http://lames.cnrs.fr/spip.php?article12) et Pascal Cesaro, Etudes Cinématographiques, PRISM, Aix Marseille université, CNRS (http://centre-norbert-elias.ehess.fr/index.php?2386 )

    INDICIBLE, INVISIBLE. En quête d’expériences sensibles autour du monde nucléaire

    Pour approcher ce que veut dire vivre au quotidien avec le nucléaire, il est risqué de s’en remettre à la parole des riverains dans un univers soumis à controverses et à polarisation du débat public. Sauf peut-être à profiter de belles rencontres… dans les fonds d’archives audiovisuelles !

 

  • Claire Dutrait, auteur et co-fondatrice d’urbain trop urbain, (https://www.urbain-trop-urbain.fr/author/claire-dutrait/ ).

    UN GÉNIE EN RESTES, 37’46, création documentaire radiophonique, 2016.

    À l’écoute d’un sol pollué — on entend un siècle de produits chimiques, un arrêté préfectoral pour mettre un terrain en servitude, les voix de sept anciens de l’usine Kuhlmann qui disent ce qu’il en reste, dans les cœurs, dans les corps et dans la terre…  À Port-de-Bouc, au début de l’ère postindustrielle.

    [Entretiens et écriture  : Claire Dutrait – Création sonore : Stephan Dunkelman – Prises de sons sur site et technique générale : Alexandre Rameaux – Production Film Flamme et Cinéma le Méliès]

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